Communication politique destinée à influencer massivement l'opinion en présentant un message de façon biaisée, sélective ou trompeuse, au service d'un acteur — État, parti, mouvement, entreprise — plutôt que de l'information vérifiée. À distinguer de la persuasion (qui assume son but) et de la désinformation (qui repose sur des faits faux).
Aucun mot du vocabulaire politique n’est plus mal compris — et plus utilisé pour disqualifier l’adversaire — que celui de propagande. À gauche, il désigne la manipulation des médias par les pouvoirs économiques. À droite, il désigne la couverture mainstream jugée idéologique. Tout le monde traite l’autre de propagandiste et personne ne se reconnaît dans le mot.
Pourtant, derrière ce flou existe un objet rigoureux, daté, théorisé, qui structure les régimes politiques modernes depuis cent ans. Comprendre la propagande, c’est apprendre à la repérer — et donc à s’en défendre.
D’où vient le mot
Le mot a une origine inattendue : la propagande naît dans l’Église catholique. En 1622, en pleine Contre-Réforme, le pape Grégoire XV crée à Rome la Congregatio de Propaganda Fide — la « Congrégation pour la propagation de la foi ». Sa mission : reconquérir les âmes que le protestantisme attirait, et évangéliser les Amériques nouvellement découvertes.
Le mot est alors neutre, religieux, technique. Il signifie simplement diffuser une croyance.
Trois siècles plus tard, la connotation a complètement basculé. La Première Guerre mondiale est le grand tournant. C’est la première guerre de masse, qui exige la mobilisation de millions de civils. Les États créent pour cela des bureaux gouvernementaux de propagande — Wellington House au Royaume-Uni (1914), Committee on Public Information aux USA (1917), bureaux similaires en France et en Allemagne.
Au sortir de la guerre, deux Américains tirent les leçons de cette expérience. Walter Lippmann publie Public Opinion (1922) où il analyse la « fabrique » de l’opinion. Edward Bernays — neveu de Sigmund Freud — publie Propaganda (1928) où il assume le projet : « La manipulation consciente et intelligente des opinions et des habitudes organisées des masses joue un rôle important dans une société démocratique. »
Le mot a maintenant son sens contemporain.
Ne pas confondre quatre objets différents
C’est le préalable indispensable. Au bac HGGSP, l’élève qui mélange ces quatre concepts perd des points immédiatement.
Persuasion
Argumentation qui assume son but : « je vous explique pourquoi vous devriez voter pour moi. » Ouverte, signée, soumise au débat. Toute campagne électorale en [démocratie](/notions/democratie/) en relève.
Publicité
Communication commerciale clairement signalée comme telle (logo, mention « publicité », encart sponsorisé). Vise à vendre un produit, pas à structurer la vision du monde.
Désinformation
Diffusion de faits faux présentés comme vrais. La théorie « 5G = Covid » de 2020 est de la désinformation. Elle peut être un outil de propagande, mais ne s'y résume pas.
Propagande
Communication politique qui peut utiliser des faits vrais, mais sélectionnés, mis en scène, répétés pour servir un projet politique au-delà de l'argumentation. Souvent non-signée ou faussement signée.
Une chaîne de télévision peut diffuser des images authentiques d’une catastrophe : c’est de l’information. Si elle les diffuse en boucle pendant trois jours en ne montrant que l’angle qui sert son patron politique, c’est de la propagande. Le critère est dans la mise en scène et la sélection, pas dans la véracité brute des éléments.
Les trois théoriciens à connaître
Pour saisir la propagande, trois noms suffisent.
Le théoricien-praticien de la propagande totalitaire. Ministre de la Propagande nazie 1933-1945. Centralise radio (le Volksempfänger, poste à 76 marks), cinéma (UFA), presse, livres, théâtre. « Plus le mensonge est gros, plus il passe » — formule apocryphe, mais qui résume sa pratique. Suicide avec sa famille le 1ᵉʳ mai 1945.
À ces trois figures s’ajoute, plus tard, Noam Chomsky. Avec Edward Herman, il publie en 1988 La Fabrique du consentement. Leur thèse : dans les démocraties libérales aussi, les médias produisent un consensus qui sert le pouvoir économique et politique. Le mécanisme passe par cinq filtres : la propriété concentrée, la publicité, les sources officielles, les pressions (« flak »), et l’idéologie dominante (anticommunisme hier, antiterrorisme aujourd’hui).
La boîte à outils du propagandiste
Au-delà des théories, la propagande s’appuie sur un répertoire technique relativement stable. Comprendre ces techniques permet de les repérer.
La répétition
Marteler un message simple jusqu’à ce qu’il devienne évidence. Goebbels disait : « Plus on répète un mensonge, plus il finit par être pris pour vrai. » La technique reste universelle — Trump multiplie les phrases-mantras (« Build the Wall », « Drain the Swamp », « Make America Great Again »).
La simplification
Réduire une situation complexe à un manichéisme : nous (le bien) contre eux (le mal). Le sociologue Pierre-André Taguieff parle de « politique du bouc émissaire » : un groupe désigné condense tout le mal — juifs sous le nazisme, koulaks sous Staline, « ennemis du peuple » dans les régimes populistes contemporains.
La personnalisation
Concentrer toute l’autorité sur une figure unique : le Führer, le Duce, Mao, Kim. Le culte de la personnalité est l’aboutissement du procédé. Aujourd’hui : Erdoğan, Modi, MBS, Bukele.
L’appel à l’émotion
Court-circuiter la raison par l’émotion. Trois affects dominants : peur (immigration, terrorisme, pandémie), fierté nationale (parade, anthem), haine (de l’ennemi désigné). Le neurologue Antonio Damasio l’a montré : on ne décide pas par raison pure, l’émotion structure toujours nos choix.
La fausse spontanéité
Créer l’illusion d’un mouvement populaire alors qu’il est piloté. C’est l’astroturfing (de AstroTurf, herbe synthétique). Faux comptes sur les réseaux, manifestations « organiques » payées, lettres au courrier des lecteurs téléguidées. Massivement utilisé sur X depuis 2016.
Les supports : de l’affiche au deepfake
L’histoire de la propagande est aussi celle de ses supports. Chaque innovation technologique a changé la donne.
L'affiche (1880-1945)
Lithographie bon marché, lecture publique gratuite. Lord Kitchener « Wants You » (1914), « Mère-Patrie » soviétique (Toidze, 1941), Rosie the Riveter (1943). Reste l'âge d'or de la propagande visuelle de masse.
La radio (1920-1960)
Diffuse simultanément à des millions de foyers. Roosevelt et ses « causeries au coin du feu », Goebbels et le Volksempfänger, de Gaulle au micro de la BBC le 18 juin 1940. La voix devient politique de masse.
Le cinéma (1925-1970)
Eisenstein invente le montage (Le Cuirassé Potemkine, 1925). Riefenstahl filme Nuremberg (Le Triomphe de la volonté, 1935). Hollywood mobilise pendant la guerre. La fiction devient mensonge devenu vrai à l'écran.
La télévision (1960-2010)
Berlusconi rachète l'Italie en partant de ses chaînes. Le débat Kennedy-Nixon 1960 montre que ce qu'on voit prime sur ce qu'on entend. La propagande se professionnalise — communicants, sondages, focus groups.
Réseaux sociaux + IA (depuis 2010)
Facebook (2 Md users), TikTok (1,5 Md), X. Cambridge Analytica (2016), Internet Research Agency (Saint-Pétersbourg), deepfakes en élections (Slovaquie 2023, Inde 2024). La propagande devient personnalisée, virale et bon marché.
Qui fait de la propagande aujourd’hui
Quand on parle de propagande contemporaine, on pense immédiatement aux régimes autoritaires. C’est partiellement vrai — mais partiellement seulement.
Russie : la « guerre informationnelle » comme doctrine
Le Kremlin a fait de la propagande une arme stratégique centrale. Trois piliers :
- RT (ex-Russia Today), lancée en 2005, diffuse en anglais, arabe, espagnol, français. Interdite dans l’UE depuis mars 2022, elle continue en Afrique et en Amérique latine.
- Sputnik, équivalent en plus écrit, présent dans une trentaine de langues.
- Fermes à trolls : la fameuse Internet Research Agency (Saint-Pétersbourg), financée par Prigojine, a interféré dans l’élection américaine 2016 (~80 M utilisateurs Facebook touchés selon le Mueller Report).
L’efficacité de cette propagande s’est érodée en Europe occidentale après 2022. Mais elle reste dominante dans le « Sud global ».
Chine : le soft power instrumentalisé
L’approche chinoise est différente — moins frontalement agressive, plus enveloppante.
- CGTN (China Global Television Network) diffuse dans 6 langues, ~120 pays
- Xinhua est l’agence de presse officielle, présente partout en Afrique
- Instituts Confucius (~500 dans le monde) installent l’image douce de la Chine
- TikTok est devenu un instrument géopolitique — l’algorithme américain de TikTok diffère de celui de Douyin (la version chinoise)
États-Unis : la fin du soft power radiophonique ?
Pendant 80 ans, Voice of America (depuis 1942) et Radio Free Europe / Radio Liberty (depuis 1949) ont été des instruments majeurs du soft power américain.
En mars 2025, Trump signe un décret mettant fin à l’USAGM (United States Agency for Global Media). ~3 500 journalistes licenciés. Vide stratégique pour Pékin et Moscou.
Démocraties libérales : la concentration capitalistique
La propagande n’est pas réservée aux régimes autoritaires. Plusieurs pays démocratiques voient leurs médias se concentrer entre les mains de milliardaires alignés politiquement.
- France : Vincent Bolloré (CNews, Europe 1, Canal+, Hachette). Xavier Niel (Le Monde, L’Obs, Télérama). Bernard Arnault (Les Échos, Le Parisien).
- Monde anglo : Rupert Murdoch (Fox News, Wall Street Journal, The Sun, The Times). Jeff Bezos (Washington Post). Elon Musk (X depuis 2022).
Cette concentration est l’une des raisons pour lesquelles la France a perdu 25 places au classement RSF en cinq ans (25ᵉ en 2025 contre 33ᵉ en 2020 — voir carte ci-dessous).
L’IA générative : le nouveau choc
L’arrivée des deepfakes — fausses vidéos hyper-réalistes générées par IA — change la donne depuis 2023.
Le coût de production d’un deepfake convaincant est tombé de plusieurs milliers de dollars en 2018 à moins de 5 dollars en 2025. Les outils sont accessibles à tous (HeyGen, ElevenLabs, Sora). Pour la première fois dans l’Histoire, fabriquer un faux audio ou une fausse vidéo coûte moins cher qu’écrire un faux texte.
La défense : esprit critique et régulation
Face à cette accélération, deux approches coexistent.
L’approche pédagogique mise sur l’esprit critique des citoyens. Repérer les sources, vérifier les recoupements, identifier les techniques. C’est le pari de l’éducation aux médias (EMI), introduite en France au collège depuis 2015.
L’approche régulatrice mise sur le droit. La loi française de 2018 contre la manipulation de l’information en période électorale. Le Digital Services Act européen (2022). Les mentions obligatoires « contenu généré par IA » prévues pour 2026. Mais ces régulations sont toujours en retard sur la technologie.
Aucune des deux n’est suffisante seule. Et il est probable, au vu de la trajectoire, que la propagande personnalisée par IA devienne le principal défi démocratique des dix prochaines années.
Au programme
- Bac terminale — HGGSP : « S’informer : un regard critique sur les sources et modes de communication » (axe 1 du thème 4 en première). Thème 5 « L’environnement, entre exploitation et protection : un enjeu planétaire » (désinformation climatique).
- Bac terminale — Histoire : propagande dans les régimes totalitaires (URSS, IIIᵉ Reich), guerre froide, terrorisme.
- Bac terminale — EMC : éducation aux médias et à l’information, esprit critique, citoyenneté numérique.
- Spécialité SES : médias et opinion publique.
Indice de démocratie 2024
Score de 0 à 10 pour 167 pays selon 5 critères (élections, gouvernement, participation, culture politique, libertés civiles). Source : Economist Intelligence Unit.
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Orientation politique des gouvernements 2025
Couleur dominante du gouvernement actuel par pays. Vague populiste-conservatrice mondiale (USA, Italie, Pays-Bas, Argentine, Israël) face à des résistances de gauche (UK, Brésil, Mexique, Espagne). Survole un pays pour voir le chef d'État et son parti.
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À retenir
- Origine du mot : Congregatio de Propaganda Fide, créée en 1622 par le pape Grégoire XV pour propager la foi catholique face au protestantisme. Le mot est d'abord neutre, religieux ; il devient péjoratif au XXᵉ siècle.
- À distinguer rigoureusement : la persuasion assume son but ; la publicité est commerciale et signée ; la désinformation repose sur des faits faux ; la propagande peut utiliser des faits vrais sélectionnés et mis en scène pour servir un projet politique.
- 1922 : Walter Lippmann publie Public Opinion. 1928 : Edward Bernays publie Propaganda et théorise les relations publiques modernes. 1933-1945 : Goebbels industrialise la propagande totalitaire. 1962 : Jacques Ellul publie Propagandes, manuel français de référence.
- Cinq techniques récurrentes : répétition (« mantra »), simplification (manichéisme), personnalisation (figure unique du chef), appel à l'émotion (peur, fierté, haine), bouc émissaire (groupe désigné comme responsable).
- Cinq supports historiques : affiche (XIXᵉ-XXᵉ), radio (FDR, Goebbels), cinéma (Eisenstein, Riefenstahl, Hollywood), télévision (Berlusconi, Trump), réseaux sociaux + IA (depuis 2010, accélération depuis 2022).
- Acteurs contemporains majeurs : Russie (RT, Sputnik, fermes à trolls), Chine (CGTN, Xinhua, TikTok), Iran (Press TV), Qatar (Al Jazeera), USA (Voice of America jusqu'en 2025), médias privés alignés dans plusieurs démocraties (Bolloré en France, Murdoch dans le monde anglo).
- RSF 2025 : 180 pays classés. Norvège 1ʳᵉ (92,3/100), Érythrée 180ᵉ (18,3/100). La France est 25ᵉ, en recul de 25 places en cinq ans à cause de la concentration capitalistique (Bolloré, Niel) et des pressions sur le secret des sources.
Auto-évaluation
Teste tes connaissances
Q1.D'où vient le mot « propagande » ?
Explication :De la <em>Congregatio de Propaganda Fide</em> créée par le pape Grégoire XV en 1622 pour « propager la foi » catholique face au protestantisme. Le mot était d'abord religieux et neutre — il devient péjoratif au XXᵉ siècle.
Q2.Quel théoricien a écrit le livre intitulé simplement <em>Propaganda</em> en 1928 ?
Explication :Edward Bernays (1891-1995), neveu de Sigmund Freud, publie <em>Propaganda</em> en 1928. Pionnier des relations publiques, il a inventé les techniques modernes de manipulation de l'opinion (campagne « Torches of Freedom » pour faire fumer les femmes en 1929).
Q3.Quel est le ministère de Goebbels sous le IIIᵉ Reich ?
Explication :Reichsministerium für Volksaufklärung und Propaganda. Créé en mars 1933 dès l'arrivée de Hitler au pouvoir. Goebbels y centralise radio, cinéma, presse, théâtre, arts. Premier modèle moderne de propagande totalitaire intégrée.
Q4.Qu'est-ce que le « manufacturing consent » de Chomsky et Herman ?
Explication :Concept de Noam Chomsky et Edward Herman dans <em>Manufacturing Consent</em> (1988). Les médias mainstream, par cinq filtres (propriété, publicité, sources, flak, idéologie anti-X), fabriquent un consensus favorable au pouvoir économique et politique.
Q5.Quelle est la 1ʳᵉ position du classement RSF 2025 ?
Explication :Norvège, 9ᵉ année consécutive en tête. Score 92,31/100. Les pays scandinaves dominent le classement. La France est 25ᵉ. La Chine est 178ᵉ. L'Érythrée est dernière (180ᵉ) depuis 17 ans.
Q6.Qu'est-ce qu'un « deepfake » ?
Explication :Une vidéo, audio ou image générée par intelligence artificielle reproduisant une personne réelle (visage, voix). Premiers deepfakes politiques à impact en 2023-2024 : Slovaquie (faux audio Šimečka), Inde (Modi remixé), USA (faux appel téléphonique Biden).
Q7.Quelle organisation russe est connue pour ses « fermes à trolls » ?
Explication :L'Internet Research Agency (IRA), basée à Saint-Pétersbourg, financée par Yevgeny Prigojine. Elle a interféré dans l'élection américaine de 2016 (inculpations FBI 2018) et opère en Afrique. Officiellement dissoute après la mort de Prigojine en 2023, mais ses méthodes continuent.
Q8.Quel auteur français a publié <em>Propagandes</em> en 1962 ?
Explication :Jacques Ellul (1912-1994), théologien protestant et sociologue. Son livre est devenu classique. Il distingue la propagande politique (verticale, État) et la propagande sociologique (horizontale, modes de vie). Très influent en France et aux USA.
Score : 0 / 8
Pour aller plus loin
Une sélection de livres pour approfondir cette notion : manuels, essais, romans et classiques.
Propaganda
Le manifeste fondateur des relations publiques. 150 pages denses qui assument le projet : organiser le consentement des masses dans une société démocratique. Glaçant et indispensable.
Lien à venirPropagandes
La somme française sur la propagande. Le sociologue protestant analyse les mécanismes psycho-sociaux. Difficile mais incontournable pour le bac HGGSP.
Lien à venirLa Fabrique du consentement
Best-seller mondial qui a redéfini la critique des médias. Les cinq filtres qui « fabriquent » le consentement dans les démocraties libérales. Toujours d'actualité.
Lien à venir1984
Le grand roman de la propagande totalitaire. À lire pour comprendre la novlangue, le ministère de la Vérité, la falsification de l'histoire. Court (350 p.), accessible dès la 3ᵉ.
Lien à venirPetit cours d'autodéfense intellectuelle
Manuel pratique pour repérer la propagande, les sophismes, les manipulations statistiques. Court, didactique, plein d'exemples. Idéal pour développer son esprit critique.
Lien à venirLa Guerre cognitive
Bilan récent par l'historien français de référence sur la propagande (Sciences Po). Couvre IA, deepfakes, Russie, Chine, et techniques contemporaines. Manuel pour les étudiants HGGSP.
Lien à venirL'Industrie du complot
Comment le complotisme est devenu une industrie médiatique mondiale, au service souvent de propagandes étatiques. Court (140 p.) et clair.
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