Dollar

L'Eccles Building, siège historique du conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale à Washington (photographie de 1937) · Theodor Horydczak / Library of Congress — domaine public
Économie mondiale Lycée Tombe au bac
Définition

Monnaie nationale des États-Unis depuis 1792, devenue après Bretton Woods (1944) la principale monnaie de réserve, de facturation et de financement du système international — un statut qui confère à Washington ce que le général de Gaulle qualifiait de « privilège exorbitant ».

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Aucun objet matériel n’incarne aussi précisément la puissance américaine que le dollar. Quatre-vingts ans après Bretton Woods, le billet vert reste l’unité de compte par défaut du commerce, des marchés financiers et des réserves des banques centrales — un statut que l’économiste français Valéry Giscard d’Estaing résumait, dès 1965, par une formule restée célèbre : le « privilège exorbitant » des États-Unis. Le dollar permet en effet à Washington d’emprunter dans sa propre monnaie sans risque de change, d’imposer ses sanctions à l’échelle planétaire et de mobiliser, en cas de crise, une demande mondiale qu’aucun concurrent n’est encore en mesure de soutenir.

« Le dollar est notre monnaie, mais c’est votre problème. » — John Connally, secrétaire au Trésor américain, devant ses homologues européens, novembre 1971.

Le dollar en quatre chiffres

~58 % des réserves mondiales contre 71 % en 2000
~88 % des transactions de change marché des devises, BIS
~50 % du commerce mondial facturé en dollars
36 000 Md $ de dette publique américaine ~124 % du [PIB](/notions/pib/)

Ces chiffres traduisent une asymétrie structurelle qu’on peine à imaginer dans un autre domaine. Aucune autre monnaie ne joue simultanément les quatre rôles classiques d’une devise internationale — réserve, facturation, financement, ancrage — à une telle échelle. Mais ils décrivent aussi un édifice qui s’érode lentement, à mesure que la part américaine du PIB mondial recule et que les économies émergentes cherchent à diversifier leurs avoirs.

Billet d'un dollar américain (recto)
Le billet d'un dollar, série 2009. Au verso, la pyramide tronquée et l'œil de la Providence — symboles maçonniques inscrits dans le Grand Sceau des [États-Unis](/notions/etats-unis/) depuis 1782. Au recto, George Washington, premier président. Plus aucun billet de 1 dollar n'a été redessiné depuis 1963. · Federal Reserve / domaine public

Pourquoi le dollar domine-t-il ?

Le statut international d’une monnaie repose sur quatre fonctions, et le dollar est aujourd’hui la seule à les remplir toutes simultanément à l’échelle planétaire. Comprendre cette accumulation explique pourquoi sa concurrence s’est révélée si difficile à organiser.

Les quatre fonctions internationales d'une monnaie — où se situent les principales
Quatre fonctions internationalesLe dollar est la seule à les remplir toutesRéserveBanques centrales : 58 % USDEuro 20 % · Yen 5 % · Yuan 3 %Or en hausse depuis 2022Facturation~50 % commerce mondial~80 % pétrole (pétrodollar)~70 % matières premièresFinancementDette mondiale : 60 % en USDEurodollars : 12 000 Md $ hors USAMarché obligataire le + profondAncrage~10 États dollarisés~25 monnaies peggées au USDTous les pays du GolfeEffets de réseauPlus la monnaie est utilisée, plus on a intérêt à l'utiliserMarché des changes : 88 % des transactions impliquent USDCercle vertueux quasi auto-entretenu depuis 80 ans

Le carburant des effets de réseau

Aucune des quatre fonctions n’aurait suffi à elle seule. C’est leur empilement qui produit l’effet de réseau caractéristique : tant qu’une majorité d’acteurs utilisent le dollar pour facturer, emprunter et ancrer leurs monnaies, chacun a un intérêt individuel rationnel à continuer de l’utiliser, même si la situation collective évolue. La domination s’auto-entretient. Pour qu’elle bascule, il faudrait un événement extérieur d’une violence inédite — une crise budgétaire majeure aux États-Unis ou une perte brutale de confiance — que personne n’a encore observé depuis 1944.

Liasses de billets de cent dollars
Liasses de billets de 100 dollars. Le billet de 100 USD est le plus émis au monde — environ 18 milliards d'exemplaires en circulation, dont plus de la moitié hors des États-Unis. Il sert massivement de réserve de valeur dans les économies à monnaie instable. · A. Magill — CC BY 2.0

Une histoire en cinq grandes étapes

1792-1913 — naissance et étalon-or

Le Coinage Act de 1792 crée le dollar comme unité monétaire des jeunes États-Unis. Le système monétaire reste cependant chaotique pendant un siècle, multipliant les paniques bancaires, jusqu'à ce que la création de la Réserve fédérale en 1913 dote enfin le pays d'une banque centrale. Le dollar reste convertible en or à 20,67 $ l'once.

1944-1971 — l'âge d'or de Bretton Woods

La conférence de Bretton Woods, en juillet 1944, consacre l'arrivée du dollar comme monnaie pivot du système international. Les autres monnaies sont fixées au dollar, lui-même convertible en or à 35 $ l'once. La création du FMI et de la Banque mondiale donne sa colonne vertébrale au système. La domination américaine est à son apogée.

1971-1985 — choc Nixon et flottement

La fuite massive d'or hors des États-Unis pousse Richard Nixon à suspendre, le 15 août 1971, la convertibilité du dollar. Officiellement temporaire, la mesure devient définitive. Les changes passent au flottement en 1973. L'accord Kissinger-Faisal de 1974 invente le « [pétrodollar](/notions/petrole/) » — l'OPEP continuera à facturer son brut en dollars, ce qui sauve la monnaie américaine d'un effondrement annoncé.

1985-2008 — gestion du privilège

Les accords du Plaza (1985) inaugurent une coordination monétaire entre grandes puissances. La création de l'euro en 1999 fournit le premier vrai concurrent du dollar. Mais la [mondialisation](/notions/mondialisation/) financière, l'extraterritorialité du droit américain (Patriot Act 2001) et l'attraction des bons du Trésor consolident plutôt sa domination.

2008-2026 — l'arme et l'érosion

Crise financière de 2008 : la Fed s'impose comme prêteur en dernier ressort de la planète entière. L'arme financière s'étend (sanctions Iran 2018, gel des avoirs russes 2022). En parallèle, la part du dollar dans les réserves mondiales recule lentement. La présidence Trump 2 ouvre une nouvelle séquence d'incertitudes : conflits avec la Fed, dette à 36 000 milliards, tensions douanières.

La Gold Room de l'hôtel Mount Washington à Bretton Woods
La Gold Room du Mount Washington Hotel, dans le New Hampshire, où s'est tenue la conférence de juillet 1944. Quarante-quatre nations y ont signé l'accord qui fait du dollar la monnaie pivot du système monétaire international. Une pancarte commémorative rappelle aujourd'hui aux touristes qu'ils visitent l'endroit où s'est inventée la [mondialisation](/notions/mondialisation/) contemporaine. · Beyond My Ken — CC BY-SA 4.0

Le dollar comme arme

L’extraterritorialité du droit américain a transformé le dollar en instrument de politique étrangère. Toute transaction libellée en dollars, même entre deux entreprises non-américaines, peut être qualifiée d’« acte américain » et tomber sous la juridiction des autorités fédérales. Cette spécificité juridique, longtemps marginale, est devenue un outil systématique depuis le Patriot Act de 2001 — adopté dans la foulée des attentats du 11 septembre.

Le rôle de l’OFAC et du SWIFT

L’Office of Foreign Assets Control (OFAC), au sein du département du Trésor, tient à jour la liste des entités sanctionnées (Specially Designated Nationals). Toute banque qui leur ouvre un compte ou qui traite leurs transactions en dollars risque l’exclusion du système financier américain — c’est-à-dire la mort. Le réseau SWIFT, sans lequel aucune transaction interbancaire internationale n’est possible, est devenu de fait l’instrument privilégié de la sanction : Iran exclu en 2018, banques russes exclues en 2022.

Trois cas d’école

BNP Paribas, 2014 — 8,9 milliards de dollars

La plus grande amende jamais infligée à une banque étrangère. Le département de la Justice américain reproche à BNPP des transactions en dollars avec des entités soudanaises, iraniennes et cubaines sanctionnées. La banque accepte un plaidoyer de culpabilité — sous peine de perdre sa licence aux États-Unis et donc l'accès au système dollar.

Iran, 2018 — exclusion du SWIFT

Donald Trump retire les États-Unis de l'accord JCPOA et rétablit les sanctions. Toute entreprise qui continue à commercer avec Téhéran s'expose aux sanctions secondaires — exclusion du marché américain. Total, Peugeot, Siemens et Daimler quittent l'Iran en quelques mois. L'Europe tente une parade (le mécanisme INSTEX), qui échoue faute d'usage.

[Russie](/notions/russie/), 2022 — gel des réserves

Après l'invasion de l'Ukraine, l'[Union européenne](/notions/union-europeenne/) et les États-Unis gèlent près de 300 milliards de dollars d'avoirs de la Banque centrale russe. Première fois qu'une grande économie voit ses réserves de change confisquées. L'événement choque les [BRICS](/notions/brics/) et accélère la diversification de leurs propres réserves.

Iran, 2026 — frappes et nouveau gel

Au lendemain de l'opération Epic Fury (28 février 2026), nouveau gel d'avoirs iraniens libellés en dollars dans les juridictions occidentales. Téhéran, déjà coupé du SWIFT depuis 2018, perd ses dernières réserves de change utilisables. Soutien massif de Pékin, qui propose un système de paiement alternatif en yuans.

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L'arme financière a un revers. Plus elle est utilisée, plus elle pousse les États ciblés et leurs partenaires à construire des alternatives. Le gel des avoirs russes en 2022 est le tournant : il a installé chez les [BRICS](/notions/brics/) l'idée que toute réserve en dollars peut être confisquée à tout moment. Conséquence : montée structurelle de l'or et lent désengagement des bons du Trésor américains.

La constellation du dollar

Plus de cinquante États dans le monde fondent leur stabilité monétaire sur le dollar, à des degrés très divers. La cartographie de cette constellation explique pourquoi la dédollarisation est moins simple qu’elle n’y paraît.

Dollarisation officielle

Une dizaine d'États ont totalement abandonné leur monnaie nationale. Le Panama (depuis 1904), l'Équateur (depuis 2000), le Salvador (depuis 2001), le Timor oriental (depuis 2002) impriment leurs petites coupures, mais les billets verts restent émis par la Réserve fédérale.

Peg fixe au dollar

Toutes les monarchies du Golfe (sauf le Koweït qui flotte légèrement), Hong Kong (currency board depuis 1983), le Liban (jusqu'à l'effondrement de 2019). Ces pays sacrifient leur autonomie monétaire à la stabilité — leur banque centrale ne fait que suivre la Fed.

Dollarisation de fait

Cas plus subtils : Cambodge (~80 % des dépôts en USD), Liban, Zimbabwe, Venezuela, Argentine. La monnaie nationale survit officiellement mais s'efface dans les usages réels. Trump a évoqué cette dollarisation comme modèle pour l'Argentine de Javier Milei en 2024.

Marchés émergents flottants

Brésil, Inde, Afrique du Sud, Indonésie : monnaies flottantes mais corrélées au dollar via les flux de capitaux. Une hausse des taux Fed déclenche des sorties brutales et des dépréciations parfois violentes. Crise de 2013 (« taper tantrum »), crise turque 2018, tensions de 2024-2025.

La Fed et le Trésor

Deux institutions décisives encadrent le dollar — leur articulation, parfois complice et parfois conflictuelle, structure la politique monétaire américaine et, par effet domino, la planète entière.

Jerome Powell, président de la Réserve fédérale
Jerome Powell président de la Fed depuis 2018

Avocat de formation, banquier d'affaires (Carlyle Group), nommé par Donald Trump en 2017 puis reconduit par Joe Biden en 2021. Architecte de la lutte contre l'inflation post-Covid (taux montés de 0,25 % à 5,5 % en 2022-2023). Son indépendance est attaquée frontalement depuis le retour de Trump en 2025. Mandat à échéance en mai 2026.

Scott Bessent, secrétaire au Trésor
Scott Bessent secrétaire au Trésor depuis 2025

Ancien gestionnaire de hedge funds (Soros Fund, Key Square), nommé par Trump en janvier 2025. Considéré comme l'une des rares voix institutionnellement orthodoxes du cabinet. Doit gérer une dette publique de 36 000 milliards et tempérer les coups d'éclat tarifaires de la Maison-Blanche.

John Maynard Keynes en 1929
John Maynard Keynes 1883-1946

Économiste britannique. À Bretton Woods en 1944, il défend en vain la création d'une monnaie supranationale, le « bancor », pour limiter le pouvoir des États-Unis. Son rival américain Harry Dexter White impose finalement le système dollar-or. Aurait-il évité les déséquilibres actuels ? Le débat reste ouvert quatre-vingts ans plus tard.

La dédollarisation : mythe ou réalité ?

Depuis le gel des avoirs russes en 2022, le terme « dédollarisation » est devenu omniprésent. La réalité est plus contrastée : un désengagement lent et partiel sur certains segments, une domination intacte sur d’autres.

Réserves de change mondiales — la part du dollar diminue lentement (FMI COFER)
Composition des réserves mondiales (FMI 2024)L'érosion du dollar profite à l'or et aux petites monnaies plus qu'à l'euro ou au yuanDollar~58 %Euro~20 %Yen~5 %Livre sterling~5 %Yuan~3 %Autres + or~9 %Le dollar baisse de 71 % en 2000 à 58 % en 2024 — perte d'environ 1 point par anLe yuan plafonne autour de 3 % depuis 2020 malgré l'effort chinois

Une érosion lente, pas un basculement

La part du dollar dans les réserves mondiales recule en effet — 71 % en 2000, 58 % en 2024 — mais le mouvement reste graduel. Surtout, l’érosion ne profite ni à l’euro (stable autour de 20 %) ni au yuan (~3 %), mais à l’or, au dollar canadien, au won coréen et à diverses autres petites monnaies. La diversification se fait par fragmentation, pas par substitution.

Ce que les BRICS savent — et ce qu’ils ne savent pas

Le sommet de Johannesburg (août 2023) avait évoqué une « monnaie BRICS » dont les contours restent flous. À Kazan (octobre 2024), Vladimir Poutine a proposé un système de paiement transfrontalier en yuans et roubles. La réalité opérationnelle reste limitée : les BRICS+ représentent désormais ~35 % du PIB mondial, mais la confiance dans leurs systèmes de règlement, dans leur stabilité institutionnelle et dans la convertibilité de leurs monnaies n’est pas comparable à celle dont jouit le dollar.

Le yuan illustre parfaitement la difficulté. La Chine veut internationaliser sa monnaie sans pour autant ouvrir son compte de capital — ce qui est une contradiction fondamentale. Tant que Pékin contrôle les flux qui entrent et sortent du pays, le yuan ne peut pas devenir une véritable monnaie de réserve mondiale. C’est ce qu’on appelle le « trilemme de Mundell ».

Le dollar sous Trump 2 : une fragilité inédite

Le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, en janvier 2025, a ouvert une séquence d’instabilité monétaire sans précédent depuis 1971. Trois facteurs s’additionnent.

Conflit ouvert avec la Fed

Trump exige depuis 2018 des baisses de taux que Powell refuse. En 2025, le ton monte : insultes publiques, menaces de licenciement, pressions sur les gouverneurs. Le mandat de Powell expire en mai 2026 — Trump nommera son successeur, presumed plus politiquement aligné. La crédibilité de l'indépendance de la Fed est entamée.

Dette publique à 36 000 Md $

~124 % du PIB. Le service de la dette dépasse pour la première fois le budget militaire américain. Sans plan crédible de retour à l'équilibre, les investisseurs étrangers se font plus prudents. La [Chine](/notions/chine/) a réduit ses avoirs en bons du Trésor de 1 100 à 750 milliards entre 2020 et 2025.

Tarifs et chocs commerciaux

Les annonces de droits de douane massifs sur l'Europe et la [Chine](/notions/chine/) en 2025 ont brièvement fait tanguer le dollar. Les marchés ont compris que l'administration Trump assume une certaine volatilité monétaire pour ses objectifs commerciaux — un terrain glissant pour la confiance internationale.

Avantage paradoxal : pas de remplaçant

Malgré ces facteurs négatifs, le dollar reste demandé. Quand les marchés tremblent, c'est encore vers les bons du Trésor américains que les capitaux refluent. L'absence d'alternative crédible — tant l'euro que le yuan ont leurs propres faiblesses — sauve mécaniquement la monnaie américaine.

Donald Trump et Jerome Powell lors d'une visite de la Réserve fédérale
Donald Trump et Jerome Powell lors d'une visite à la Réserve fédérale en 2025. La rencontre n'a pas apaisé les tensions : Trump réclame depuis 2018 des baisses de taux que la Fed refuse au nom de l'indépendance institutionnelle. Le mandat de Powell expire en mai 2026. · White House — domaine public

Au programme

Le dollar relève du programme du HGGSP en classe de terminale, dans le thème « Mondialisation et coopération internationale », et plus marginalement du programme de géographie de première (« la mondialisation et ses contestations »). Une bonne dissertation articule trois échelles d’analyse : économique (les fonctions internationales d’une monnaie), historique (Bretton Woods, choc Nixon, ère de la Fed) et politique (l’arme financière, les sanctions, la dédollarisation contestée). Les actualités 2025-2026 — conflits Trump/Powell, dette à 36 000 milliards, frappes en Iran, montée de l’or — fournissent une matière vivante très valorisée par les correcteurs.

Le dollar dans le monde — régimes monétaires en 2025

Quels pays utilisent le dollar, quels pays cherchent à s'en émanciper ? Cartographie des régimes monétaires. Sept catégories : États-Unis, dollarisation officielle, peg fixe au dollar, zone euro (concurrent principal), yuan/influence chinoise, monnaies alternatives.

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À retenir

  • Le dollar est la monnaie de réserve internationale dominante : ~58 % des réserves de change mondiales (FMI 2024), ~88 % des transactions sur le marché des changes (BIS), ~50 % du commerce mondial facturé en dollars.
  • Ce statut tient depuis Bretton Woods (1944), qui a fait du dollar la seule monnaie convertible en or. Le 15 août 1971, Richard Nixon suspend cette convertibilité — le « choc Nixon ». Le dollar reste pourtant dominant, sans plus aucun ancrage métallique.
  • L'économiste Valéry Giscard d'Estaing, ministre des Finances en 1965, parle d'« exorbitant privilège » : les États-Unis empruntent dans leur propre monnaie sans risque de change, et peuvent en émettre autant qu'ils veulent.
  • Le dollar est aussi une arme géopolitique. Les sanctions américaines (extraterritoriales depuis le Patriot Act 2001) frappent toute entité utilisant le système financier en dollars : amende BNP Paribas 8,9 Md $ (2014), exclusion de l'Iran et de la Russie du SWIFT (2018, 2022).
  • Acteurs clés : la Réserve fédérale (Fed) fixe les taux et le bilan ; le Trésor (Janet Yellen jusqu'en 2025, Scott Bessent depuis) gère la dette ; le Bureau de l'OFAC (Treasury) administre les sanctions.
  • Dédollarisation en cours mais lente : ~58 % des réserves en USD aujourd'hui contre 71 % en 2000. Les BRICS+ poussent le commerce en monnaies locales. Le yuan numérique (e-CNY) est testé depuis 2020. L'or remonte (record 3 200 $ l'once en 2026).
  • Risques : dette publique américaine ~36 000 Md $ (124 % du PIB), dépréciation tendancielle, et hostilité de Trump 2 envers la Fed qui menace la confiance des investisseurs étrangers.

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  1. Q1.Quelle conférence a fait du dollar la monnaie pivot du système international ?

  2. Q2.Que désigne le « choc Nixon » du 15 août 1971 ?

  3. Q3.Quel est le pourcentage approximatif du dollar dans les réserves de change mondiales en 2024 ?

  4. Q4.Qui a popularisé l'expression « privilège exorbitant » ?

  5. Q5.Quel est le pétrodollar ?

  6. Q6.Quel pays a réalisé en 2014 une amende record de 8,9 milliards de dollars pour violation de sanctions américaines ?

  7. Q7.Quel acteur fixe les taux d'intérêt directeurs aux États-Unis ?

  8. Q8.Combien d'États ont officiellement adopté le dollar comme monnaie nationale ?

Pour aller plus loin

Une sélection de livres pour approfondir cette notion : manuels, essais, romans et classiques.

Le système dollar — chronique d'un privilège exorbitant
Essai· 2011

Le système dollar — chronique d'un privilège exorbitant

par Barry Eichengreen

L'historien économique de Berkeley explique comment le dollar est devenu — et comment il pourrait cesser d'être — la monnaie pivot du monde. Référence absolue, traduit en français en 2011.

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Le grand basculement — la nouvelle économie politique du dollar
Essai· 2024

Le grand basculement — la nouvelle économie politique du dollar

par Mathieu Mucherie

Mise au point récente sur l'érosion lente du dollar et l'ambiguïté de Trump 2. Lecture rapide pour suivre l'actualité monétaire.

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Le siècle du dollar
Documentaire· 2018

Le siècle du dollar

par Adam Tooze

Inscrit dans le grand récit Crashed (sur la crise de 2008). L'historien de Columbia montre la centralité du dollar dans la mondialisation contemporaine — y compris dans ses crises.

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L'envers du billet vert — géopolitique du dollar
Essai· 2023

L'envers du billet vert — géopolitique du dollar

par Jézabel Couppey-Soubeyran

Une économiste de la Sorbonne décrypte les mécanismes de domination du dollar et leurs conséquences. Accessible, illustré, parfait pour le HGGSP.

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The New Lombard Street
Essai· 2010

The New Lombard Street

par Perry Mehrling

Sur le rôle de la Fed comme « prêteur en dernier ressort » du système dollar mondial, bien au-delà de l'économie américaine. Technique mais éclairant.

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Currency Wars
Essai· 2011

Currency Wars

par James Rickards

Vision plus polémique sur les guerres monétaires modernes. À lire avec esprit critique mais utile pour le débat sur la dédollarisation.

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